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Cet après-midi, on jouait du Coltrane à Féricy

Dernière mise à jour : 1 juil. 2021

Cet après-midi, entre deux ondées, on a assisté à une drôle de séance à Féricy, quelque chose entre la Master class et le concert privé.


Il y avait un piano droit de belle facture, et un drôle de pianiste, Ronnie Lynn Patterson

Ronnie Linn est américain mais parle un excellent français. On devine très vite un caractère facétieux et une propension à brouiller les pistes. Américain originaire du Kansas, il s'installe en France en 1991. Des racines espagnoles le prédestinent à se rapprocher du Pays basque. Il est batteur jusqu'à ses 20 ans, puis décide que le Piano sera son mode d'expression majeur. Il aime passionnément le jazz, mais il aime tout autant les grands compositeurs classiques, et la musique dodécaphonique. Difficile de ne pas être inclassable avec une telle présentation.

Devant un parterre de quelques amis, Ronnie Linn improvise à partir de quelques thèmes de musique classique, une œuvre véritablement éphémère. Une grande exploration du jazz américain et des compositeurs, notamment les contemporains : K Jarrett, Herbie Hancock, McCoy Tyner, Chick Corea.

Assis sur une chaise à la Glenn Gould, il chante comme lui, il fredonne, il se parle à lui-même… Il s’arrête, il reprend, il inspire et souffle sur les touches pour leur donner vie. Il révise au son du blues le "folklore européen": le fougueux Rachmaninov, l’onduleux Debussy. Mais soudain la Main gauche n’y tient plus et esquisse des ostinatos, permettant à la dextre de réaliser des polyrythmiques virtuoses. Et soudain le Mississippi est là, devant nous, dans la voix de Ronnie Linn.

Puis il s'arrête brusquement. Il se lève et nous parle de son père, qui sifflait - vous avez bien lu - tous les solos de jazz de son époque, en empruntant même le phrasé de Coltrane.


Enfin, après moult applaudissements et des « mais encore », il retourne au turbin et cette fois, comme si nous l’avions finalement mérité, il nous livre une pièce d'un ami basque, Mikel Laboa, une mélopée en mode mineur ou le piano accompagne la voix. Ses grandes mains effleurent à toute vitesse les touches du piano, avec des "Yeah" profonds, et le lourd instrument décolle littéralement. Belle master class en direct du Nouveau monde !

Son album à paraître : Blackmaninov


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